Résidence Wajdi Mouawad

Des vies bouleversées dans des œuvres bouleversantes : cette formule donne précisément à entendre ce qui se joue dans les textes de l’auteur libano-canadien Wajdi Mouawad, tant ses romans (Anima, récemment distingué par le prix Lire en poche 2015) que ses pièces de théâtre (la tétralogie Le Sang des promesses présentée dans la Cour d’honneur du Palais des papes en 2009 lorsque l’auteur était artiste associé du Festival d’Avignon).

C’est cette figure majeure de la littérature et de la scène contemporaines que l’Université de Strasbourg accueillera en résidence d’écriture au printemps. Au cours de son séjour, Wajdi Mouawad discutera publiquement de la fabrique de son œuvre avec un enseignant-chercheur de la Faculté des Arts.

Une proposition du Service universitaire de l'action culturelle. Avec le soutien du Théâtre National de Strasbourg et des Investissements d’avenir.

Document(s) à télécharger

Vous pouvez aussi consulter le programme complet des événements en PDF.

Bibliographie (Service Commun de la Documentation, Unistra)

Disputes avec Sylvain Diaz

Dans les interstices de cette résidence d’écriture, Wajdi Mouawad et Sylvain Diaz (directeur du SUAC,
Maître de conférences à la Faculté des Arts) ont souhaité organiser des disputes d’ordre non pas philosophique, théologique ou scientifique mais bien artistique. Celles-ci seront en effet l’occasion d’interroger de manière dialoguée la pratique de l’écriture et de création de l’artiste.

En héritage

Ce n’est que par la bande que sera abordée l’œuvre de Wajdi Mouawad lors de cette première
dispute. Et pour cause : pour commencer, nous souhaiterions en effet plutôt discuter des œuvres qui ont nourri cette écriture, l’auteur considérant que « c’est l’art qui mène à l’art ». Des œuvres dont l’influence est manifeste (les tragiques grecs) ou insoupçonnée (les chansons de Brel, les films de Terry Gilliam…). Lors de cette dispute inaugurale, il s’agira donc de penser l’héritage artistique et culturel à partir duquel se déploie cette œuvre, ce qui permettra peut-être d’évoquer les textes mêmes de Wajdi Mouawad qui abordent frontalement la question de la transmission.

  • Lundi 7 mars 2016 à 18h, AT8 Atrium

En quête

En quête : telle est la trajectoire des personnages de Wajdi Mouawad, tant celle de Wilfrid (Littoral, 1997) que celle de Wahhch Debch (Anima, 2012) qui tentent de dégager les mensonges et faux-semblants du présent afin de pouvoir envisager la vérité de leur identité passée – au risque de s’y briser. Mais cette trajectoire n’est-elle pas celle de l’auteur lui-même qui, à partir de la confrontation à des œuvres qui l’ont amené à l’écriture, tente d’élaborer une œuvre qui lui soit propre ? C’est cette voix/voie singulière qui caractérise la démarche de Wajdi Mouawad que nous souhaiterions donner à entendre en discutant des moteurs – tant thématiques qu’esthétiques – de cette écriture.

  • Mercredi 9 mars 2016 à 18h, AT8 Atrium

En scène

Auteur, Wajdi Mouawad est aussi metteur en scène, ayant porté sur les plateaux de théâtre ses propres textes mais aussi ceux de Sophocle, Shakespeare, Tchekhov ou encore Pirandello. Lors de cette dispute finale, il s’agira donc de discuter de cette pratique de la scène qui accompagne le déploiement de cette écriture. Au-delà, on souhaiterait également évoquer le théâtre du monde sur lequel évoluent les personnages des pièces et romans de Wajdi Mouawad qui évoquent tant la première guerre mondiale ou le massacre de Sabra et Chatila que la chute du mur de Berlin ou le terrorisme contemporain.

  • Vendredi 11 mars 2016 à 18h, AT8 Atrium

Cycle de projections

En amont

D’abord temps de travail pour l’artiste, nous avons voulu que cette résidence soit aussi un temps de rencontre avec le public. Pour vous y préparer, nous vous proposons d’assister, en amont de la résidence, à la projection de deux films qui vous permettront de vous familiariser avec le parcours et l’œuvre de Wajdi Mouawad.
 

Pays rêvé (2012)

Dans le Liban d’aujourd’hui, des Libanais de l’étranger, enfants de la guerre, se mettent en quête d’un « pays rêvé ». Parmi eux, Wajdi Mouawad qui, sous le regard de Jihane Chouaib, nous donne à entendre le rapport qu’il entretient avec ce territoire intérieur, fondateur et inaccessible comme l’enfance.

  • Mercredi 24 février 2016 à 20h30, AT8 Atrium

 

Incendies (2010)

Adapté d’une pièce de Wajdi Mouawad créée en 2003, le film de Denis Villeneuve retrace l’enquête de Simon et Jeanne qui, à la mort de leur mère, Nawal, découvrent quelle a été sa vie marquée par la violence et la guerre.

  • Mercredi 2 mars 2016 à 20h30, AT8 Atrium

 

Carte blanche à Wajdi Mouawad

Dans le prolongement des disputes où il sera question de la fabrique de son œuvre, nous avons proposé à Wajdi Mouawad de programmer trois films qui, thématiquement ou esthétiquement, ont marqué son parcours d’artiste.

Trois jours en Grèce (1991)

Alors que sévit la première « guerre du Golfe », Jean-Daniel Pollet, « cinéaste-poète », voyage de Provence en Grèce, sur les traces des civilisations anciennes… Delphes, Bassa, le métro, l’aéroport, les poèmes de Yannis Ritsos, les citations d’Homère, de Claudel, d’Euripide, de Ponge, les amis grecs et les combats en Irak, tout se mêle en un superbe carnet de notes philosophiques et poétiques…

  • Lundi 7 mars 2016 à 20h30, AT8 Atrium

 

Massaker (2006)

« Sabra et Chatila par ses bourreaux » : tel est le sous-titre de ce documentaire de Monika Borgmann, Nina Menkes et Lokman Slim qui donne la parole à ceux qui, du 16 au 18 septembre 1982, ont pris part au massacre des hommes, femmes et enfants réfugiés dans ces camps.

  • Mercredi 9 mars 2016 à 20h30, AT8 Atrium

 

The Fisher King (1991)

Revisitant la geste arthurienne, Terry Gilliam met en scène, dans The Fisher King, un illuminé et un homme revenu de tout, errant dans notre réalité teintée de fantastique en quête d’un Graal inatteignable : le bonheur.

  • Vendredi 11 mars 2016 à 20h30, AT8 Atrium

 

Conversation entre W.Mouawad et S.Nordey

De Wajdi Mouawad, Stanislas Nordey a mis en scène en 2008 Incendies, spectacle qu’il reprendra au TNS du 25 avril au 15 mai. En 2009, Stanislas Nordey jouait Clément Szymanowski dans la création Ciels de Wajdi Mouawad et l’année suivante celui-ci interprétait le rôle de Stepan Fedorov dans Les Justes de Camus mis en scène par le premier. C’est dire si ces deux-là ont des choses à partager. Dans le cadre de cette résidence, nous leur avons proposé de prolonger publiquement leur conversation et de donner à entendre ce qui est peut-être au coeur de leur collaboration : la possibilité de raconter une histoire au théâtre.

  • Lundi 14 mars 2016 à 20h, TNS / Salle Koltès
    Entrée libre sur réservation : tns.fr ou 03 88 24 88 00

Journée d'études

En marge de cette résidence d’écriture et des représentations d’Incendies au TNS, la Faculté des Arts et l’EA 3402 ACCRA organisent une journée d’étude intitulée Scènes contemporaines, émotions contemporaines.

Assurément, l’écriture de Wajdi Mouawad se caractérise par sa « vibration », terme récurrent sous la plume de l’auteur d’Incendies qui s’attache dans ses pièces comme dans ses romans à restituer le bouleversement éprouvé par un personnage (souvent par la découverte d’une identité passée soudain révélée) sous une forme bouleversante pour le lecteur ou le spectateur. C’est dire si cette œuvre accorde une large place aux émotions, dans toute leur diversité (de la terreur à la joie), nous encourageant à étendre le champ d’investigation sur le plan théâtral à d’autres œuvres. Qu’en est-il des émotions, sur la scène moderne et contemporaine ? Plutôt que d’apporter une réponse ferme à cette question très vaste, il s’agirait lors de cette journée d’étude de cibler les enjeux (tant poétiques que politiques) d’une telle question en s’attachant non à l’étude de la réception de certaines pièces mais à l’étude d’œuvres et de discours d’artistes engageant, à l’instar de Wajdi Mouawad, ce motif émotif dans le champ contemporain.

  • Mercredi 4 mai 2016, Salle de conférences de la MISHA
    Infos à venir sur arts.unistra.fr

Atelier culturel

À partir de Défenestrations, texte inédit de Wajdi Mouawad composé en novembre 2015 pour un atelier d’interprétation des élèves de troisième année du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, nous irons à la rencontre de personnages confrontés au suicide de l’un d’entre eux. Aussi les voit-on se débattre avec fougue, passion et très souvent beaucoup d’énergie – voire de colère.

Entre recherche dans le passé et projection dans l’avenir proche ou lointain, les personnages sont pris dans un tourbillon d’émotions et de sensations : ils tentent de comprendre le geste désespéré de leur camarade, de continuer à vivre avec cette absence, de se re-construire au présent.

Sous la direction de Laurent Benichou, metteur en scène, comédien et artiste pédagogue.

  • Février / avril, Théâtre du Tambourin

Incendies

À la lecture du testament de Nawal Marwan, les jumeaux Jeanne et Simon, ses enfants, doivent faire face à d’étranges révélations : leur père n’est pas mort et ils ont un frère. Que faire alors ? Tout quitter, traverser l’océan pour rejoindre un pays lointain et inconnu, en quête de l’histoire de leur mère et du mystère de leur naissance ? Cette recherche de la vérité ne risque-t-elle pas de les mener vers l’impensable ? Wajdi Mouawad et Stanislas Nordey nous donnent ici à voir et à entendre une véritable tragédie moderne.

Mise en scène de Stanislas Nordey.

  • Du 25 avril au 15 mai 2016, au TNS / Salle Koltès
    Infos et réservations sur tns.fr